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Tag: Jean-Paul Gavard-Perret

Les fleurs

Les fleurs

« Qu’elles durassent ! » En raison d’un blocage, d’une interruption de l’énonciation et d’une muselière sur le verbe, elle suspend ses efforts, misant sur les vertus du sommeil et les ressources de son inconscient. Bref, c’est comme ça qu’elle travaille. Dormant plus seule qu’avec un autre, cela vaut mieux qu’une messe et une pause. Après, l’inspiration lui revient et se déverse d’autant qu’une douleur au réveil asticote ses intestins par agression de sa viande ou par psycho-somatisation. Mais elle ne se…

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Pro digue

Pro digue

La force du désir est d’accroître la vie, et la beauté des femmes stimule le besoin d’amour. Ce n’est pas dangereux pour la santé mais ce qui éveille les sens suscite crainte, pitié, résignation voire un doux renoncement à l’art du bonheur mais qui ne se renie jamais lui-même. De fait, l’amour possède un effet tonique quand il exprime la vérité de la résistance pour celles et ceux à qui rien ne semble impossible. Il chasse sa mélancolie quand l’éperon…

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Le clown (et son théâtre)

Le clown (et son théâtre)

Pour tout romancier, l’amour est à peine un prétexte et juste un récit d’hypothèse vague. C’est toujours du Stendhal ou du Proust. Sa seule promesse est de renoncer à ce que fait la vie : il écrit. En rupture avec l’existence et pour lui donner du change. Reste un monolithe, étranger à toute subjectivité altière, un compte de faits inventés. Rencontre, déclaration, promesses, serments, projets communs, vie commune : aucun écrivain ne peut le tenir. Il épouse ses envies, son…

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Les ailes du désir

Les ailes du désir

Ange professionnel en short bleu, la sœur cloîtrée du couvent me fait partager sa douceur. Quasi muette, elle me parle peu. Sa langue m’interpelle sans le moindre pathos. A pas comptés, elle décortique notre amour platonique. Ses phrases font mouche loin de chorale de ses compagnes. Et ses rares mots sauvent et tourmentent même si parfois son rire enraye un instant son engagement à Dieu. Dans notre complicité, le retour du désir et notre amour trouvent le moyen de frauder…

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Trop matés

Trop matés

(Epi cure) Ne pas avoir tendance à se méfier des « jamais » et « toujours » enferme la pensée. Même les philosophes ne savent pas s’en priver. Et c’est un comble ! Sous prétendue valeur de témoignage, il n’en reste rien. Et si vous voulez être du côté du « toujours », faites attention à ne pas tirer une vérité du « jamais ». Le marché de ces deux adverbes est celui de dupes même s’ils suscitent une réception…

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