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Tag: Jean-Paul Gavard-Perret

Tocs viles

Tocs viles

(Lande Ernaux) Le trio amoureux crée un nœud et une chaîne pour laquelle – dit-on – les femmes ont plus de dons. Mais ce n’est pas certain même si parfois les hommes tentent d’y contribuer. Leur température chauffe, leur mère gelée bouillonne. Cela roule, se déroule, tournoie galope surtout chez les mutin(e)s et même chez celui à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Reste le problème qu’entre trois personnes souvent, le nouvel arrivé passe en dessous de celui…

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Faim et suite

Faim et suite

A bien y réfléchir, retomber en enfance est d’un ennui crasse. Moins indigné qu’assoupi, sans les moindres indulgence ou critères de jugements, je n’ai plus rien pour identifier mes failles ni vouloir idéaliser qui je fus. Prompt jadis de m’en émouvoir, moutonne maintenant indifférence ou déplaisir. Accompagnateur de mon existence, mes convictions s’ébranlent et tout dérange ma perception du réel. J’assure tant que faire se peut un jeu du faire-semblant dans le théâtre du temps qui me reste. J’y suis…

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Bas longs d’Alsace

Bas longs d’Alsace

(Ivre est-ce ?) Pour leurs féeries ornementales, mes invités semblent toujours sortis de moulures des meubles, de figures de tapisseries, du reflet des miroirs. En une telle chambre tout s’emboîte et s’avance, sans hiérarchie : sur le même plan d’intensité. Tout se mélange en le plus grand luxe des Sèvres sensuelles. Dans ce cas, un impromptu a toujours un peu mal quelque part. Mais comment peut-il le faire voir ? comment le vérifier ? Mais face à lui, des femmes…

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Bonne mère

Bonne mère

(Quand l’œuf dure) « Film » de Beckett reste le film de la chambre obscure et de l’absolu épuisement. Les déplacements du personnage anonyme incarné par Buster Keaton se transforment en immobilité absolue. Le filmique endosse pleinement les forces du vide, du visible, de l’invisible dans la configuration de chaque plan. La restitution clinique d’un quotidien est aussi banale qu’absurde où survit le tarissement d’un « dialogue » impossible entre une mère et un fils. L’œuvre reste le film catastrophe…

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Poing de vue

Poing de vue

(sans et pour personne) Je rêve du film qui ne raconte pas d’histoire et qui n’a rien à dire. La scène finale ramène à la scène liminaire ne prévoyant de rien. Au milieu, le film passe, il a lieu. Il est juste là. Sortant de la fausse alternative entre fiction nécessairement mensongère et documentaire forcément vrai, ses images saturent l’écran. Mais il se refuse. Spectateurs ravis dans notre propre solitude, les personnages ne cherchent pas à nous tendre la main…

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