La voie de son mètre
Dément de la langue et des mots dits, il se veut magicien diable au thym vert. Il a de l’énergie dans son cœur, et parfois sur sa poitrine une bougresse. Elle ne le ménage pas sauf quand elle fait le sien à coup d’Ajax et de d’eau de Javel. Mais les deux ne se cantonnent pas aux clichés de leur métier.
Toutefois, que l’un écrive et que l’autre récure, les décrire pourrait donner une adaptation cinématographique. Pendant qu’il tape à la machine, il la regarde consommer des séries Netflix devant son plateau télé. Mais elle, voyant ses propres héros, rêve son rimailleur et orpailleur – souffle court, pull sur les épaules chemise col fermé pantalons droits – tel un spectre fabuleux. L’estimant espoir littéraire, elle songe atteindre avec lui le paradis même si pour l’instant tout ressemble à un purgatoire prolongé.
Mais un tel énergumène ne s’applique à polir des pages chiadées. D’autant qu’il a plus d’un atout face aux nostalgiques. Et il s’estime progressiste sans se confondre avec le paternalisme de la cause des peuples attendu qu’en cette matière nul n’a besoin de lui.
jean-paul gavard-perret
Photo Alejandro Cegara