Fou(l)cade

Fou(l)cade

Chaque femme éprouve le besoin d’une autre pour atteindre un contentement, une complétion, une connaissance incorporée. Elle dépend entièrement de ce que son prédateur lui apporte et qui – selon une théorie des attentes – reste un mélancolique mû par une force centrifuge. Toutefois, il est irrésistiblement porté vers elle. Il espère sans doute à l’aider à vivre. Età cet effet, il plonge sans relâche dans les profondeurs pour en tirer sa propre nourriture au moment où sa partenaire devient médiatrice entre le visible et l’invisible qui, au besoin, guide son âme corporelle vers une existence vivante.

L’autre cherche la vérité cachée ou rejetée en faisant flèche de tout bois. Il reste inapaisable, absorbe ce qu’il a convoité, offert. C’est un explorateur érémitique réduit à l’état de convoyeur au péril du ridicule dans sa modalité de la transmission. Il ne se justifie qu’à fournir des éléments à celle qui en manquent. Son geste se tient entre le faire apparaître et le trop en faire de manière effrénée. Son sexe reste son offre principale là où la femme devient esclave du manque. Il devient chaos fertile au cœur de l’apparition et de l’abnégation puis s’efface après avoir plongé son bec désirant, glouton rêveur. Tel un tonneau il n’est jamais percé car son désir revient au mauvais infini de l’accumulation, au lieu d’être l’infini jubilatoire offert à la découverte. En conséquence, le voici non planant mais albatros plongeur qui ne craint pas la maladresse – enfin presque.

Photo : Georges Dambier

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