Chris Brookmyre, Le Miroir brisé

Chris Brookmyre, Le Miroir brisé

Dans le village écossais de Glen Cluthar, le corps d’un homme étranglé est retrouvé dans le confessionnal de la chapelle. La victime, Brenden Gautl, n’était guère appréciée dans le bourg. Penelope Coyne, appelée Penny, la bibliothécaire de plus de 80 ans, qui a l’habitude de collaborer avec la police, souhaite mener son enquête. Parallèlement, elle reçoit une invitation pour un mariage.
À Los Angeles, Johnny Hawke, un flic de la brigade criminelle, proche de la quarantaine, est contraint par sa hiérarchie à enquêter sur le suicide d’un scénariste. Il découvre des circonstances suspectes. Lorsqu’il retourne sur les lieux, il est coincé dans un incendie amenant la mort brutale de son jeune équipier. Celui-ci a laissé le début d’une piste, une piste en lien avec le futur mariage du principal suspect, en Écosse. Suspendu par sa hiérarchie, Johnny décide de continuer à enquêter et d’aller au mariage.
Penny repère, parmi les personnes présentes, un homme au comportement étrange. Or, la cérémonie n’a pas lieu à cause du suicide de la future mariée. Faisant cause commune, Penny et Johnny vont essayer de trouver une explication à cette mort. Leurs investigations, même discrètes, attirent l’attention. Aussi quand Penny, revenue dans sa bibliothèque, voit arriver Johnny poursuivi par des tueurs défouraillant à tout va…

Avec ce roman, Christopher Brookmyre qui sait déconcerter ses lecteurs, installe une intrigue des plus surprenantes avec un duo improbable. Il va réunir une vieille dame, bibliothécaire dans un village écossais, et un policier de la brigade criminelle de Los Angeles, un habitué des coups durs et des actions sans retenue. Le romancier va les faire se rencontrer dans des conditions bien particulières en lien avec une affaire qui a commencé en Californie.
Il installe son récit dans l’univers de l’édition, des livres, des jeux vidéo, des scénarii. D’ailleurs c’est en partie avec l’un d’entre eux que son intrigue se développe. Le vol, le plagiat sont, sans être la règle, fréquemment répandus dans ces milieux. Mais ici, Christopher Brookmyre joue avec de belle manière.

Bien que son héroïne ait plus de quatre-vingts ans : « …mais elle n’aimait pas préciser davantage, ni s’attarder sur l’élasticité de la notion de – plus de… », elle se retrouve dans des situations assez tendues, mobilisant toutes ses capacités physiques et mentales.
Ces deux détectives vont se trouver face à un jeu de miroirs orchestré de belle façon où les fausses pistes, les révélations fourmillantes, transforment leur quête vers une vérité en un véritable puzzle.
Installant son récit dans le monde de l’écriture, l’auteur rend hommage à nombre de romanciers, multipliant les références au monde anglo-saxon certes, mais aussi à des écrivains comme Italo Calvino.

Fort de sa capacité à étonner ses lecteurs, de son imagination plus que fertile, de son goût pour concocter des intrigues inhabituelles et recherchées, l’auteur livre avec Le Miroir brisé une intrigue captivante à souhait où l’humour subtil trouve toute sa place.

Chris Brookmyre, Le Miroir brisé (The Cracked Mirror), traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller, Éditions Métailié, coll. Bibliothèque écossaise – Noir, mars 2026, 536 p. – 22,00 €.

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