L’Intranquillité   (Fernando Pessoa / Jean-Paul Sermadiras) – Avignon 2026

L’Intranquillité   (Fernando Pessoa / Jean-Paul Sermadiras) – Avignon 2026


© Damien Journée 

En fond de scène, un ciel chargé d’étoiles, peut-être de pépites. De la brume, un homme sort d’un placard et investit le plateau dans une attitude d’expectative. On statue sur le culte de l’humanité, suspect de sacraliser une espèce biologique. Ainsi, l’athéisme ne peut être professé que de façon dubitative. A l’encontre de la vie, la conscience est toujours soupçonnable d’inertie, sinon de sclérose. 
On a affaire à un procédé de mise en doute permanent qui affecte toute velléité d’action ; comparant la réussite et la réserve modeste, on y voit deux formes d’accomplissement. Il ne reste à l’âme que la fragile et précieuse contemplation esthétique de la vie. Nos deux contemplateurs de l’incertitude des choses procèdent à une relativisation générale propre à disqualifier toute théorisation. Contre l’artificialité de tout mysticisme, Pessoa propose de s’en remettre à une poétisation du quotidien. 

Le propos est porté par deux hommes d’âge mûr, en costume, mais sans cérémonie ; leurs échanges peuvent figurer le dialogue intérieur qui constitue notre esprit. Sous l’impulsion d’Omar Khayyam, mais sans que cela vaille approbation de sa doctrine, on s’en remet au vin pour attester son adéquation au monde, conjurer toute activité et tout désir. Nos deux compères se font alors volontiers contempteurs d’ambitions et d’idéaux ; ils construisent un portique de fortune, y suspendent des lampions. Quelques pas de danse, des confettis, c’est une fête modeste et enjouée, que ne parvient pas à troubler l’ouvrier qui vient reprendre un balai utilisé pour la célébration. 
Comme des spectateurs désabusés mais jamais désespérés, Thierry Gibault et Olivier Ythier manifestent bien l’attitude d’adhésion réservée, de dénégation inquiète que prône Pessoa pour explorer l’ambivalence foncière de nos intentions, construisant ainsi un spectacle riche, juste, plein de charme. 

de Fernando Pessoa 
Adaptation et mise en scène Jean-Paul Sermadiras 

Avec Thierry Gibault et Olivier Ythier et la voix de Maria de Medeiros.

Chorégraphie Marion Lévy ; lumières Jean-Luc Chanonat ; composition et création sonore Pascale Salkin ; construction du décor Robert Guénégou et Olivier Defrocourt ; 
costumes Cidalia da Costa ; régisseur général Anatole Gibault. 

Du 4 au 25 juillet à 13h05, relâche les 7, 14 et 21 juillet. 

Olivier Ythier est soutenu par l’Adami Déclencheur projet théâtre pour ce spectacle, qui bénéficie également de l’aide de la Spedidam.  

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