Giovanni Fafoglia, Cellophane
Transparence
Le monde de Giovanni Fafoglia est celui de la délicatesse. Il dégage des ombres. La lumière se fait en teintes fraîches. Elles posent leur aura par la réalité de leur trace. Dès lors, Cellophane est une investigation visuelle sur les frontières de la mémoire et de l’identité, explorant la manière dont nos esprits fragmentent et préservent des pans de notre existence.
Oscillant entre rêve et réalité à travers un clair-obscur subtil, cette série cherche à interpréter un passé demeuré dans l’ombre, traitant la lumière et l’obscurité comme des membranes entre ce que nous étions et ce que nous sommes aujourd’hui.
L’artiste refuse d’imposer des rides à la réalité. Ses portraits, même d’une manière ou d’une autre, ramènent à l’enfance comme s’ils ne connaissaient pas encore le mensonge. En conséquence, ils guérissent du temps afin de fonder une éternité particulière. Dieu et le néant ont pour vis-vis l’enfant qu’ils n’ont jamais créé : avec le premier, le silence quitte la vie et avec le second, rien ne se fait.
Pénétrer de telles images revient donc à prendre le sentier de vie dont les ronces sont coupées. On y court pour sentir battre le coeur. De la goutte de nuit et de celle de lait, du grand liquide obscur et de celui de la lumière, bien des choses naissent.
jean-paul gavard-perret
Giovanni Fafoglia, Cellophane, L’œil de la photographie, octobre 2026.
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