Diego Bardone, Street Life Milano
Milan et ses mystères
Diego Bardone, né à Milan en 1963, s’était approché de la photographie au début de la vingtaine, collaborant avec la rédaction milanaise d’Il Manifesto et d’autres agences. Des événements de sa vie l’ont alors conduit à changer d’emploi et, pendant plus de 15 ans, il n’a plus jamais photographié. Après cette pause, il a retrouvé sa passion pour la photographie, trouvant son habitat naturel dans les rues de Milan.
Street Life Milano assemble plus de 100 photographies prises par Diego Bardone dans la métropole milanaise. À la fin du livre, on trouve le manifeste des « Stripteaseuses », le collectif photographique dont Bardone est membre, ainsi que le commentaire des autres membres sur la photographie de ce maître turbulent.
Il reste photographe de rue, avec un style ironique et l’œil avec lequel il parvient à capturer des détails parfois invisibles. Ses photos de rue sont toutes strictement « candides », c’est-à-dire en prises non posées. Parmi les photographes qui l’ont le plus influencé, il cite souvent Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Édouard Boubat (ce qu’il appelle les humanistes français de l’après-guerre), ainsi qu’Elliott Erwitt pour sa photographie romantique, ironique et mélancolique.
Mais ce livre Milano Street Life est une véritable déclaration d’amour pour la photographie, pour Milan et pour les habitants de la ville de Milan. On peut voir sur les photos que Bardone aime être parmi les gens. Et il l’a lui-même confirmé à plusieurs reprises dans diverses interviews. Pour lui, la rue n’est que la scène, l’espace théâtral où se déroule l’action, mais les protagonistes sont toujours et seulement des individus, leurs actions, leur vie dans l’espace public. Le focus de sa photographie de rue est précisément sur les personnes.
jean-paul gavard-perret
Diego Bardone, Street Life Milano, Edizioni del Foglio Claudestini, 2026, 172 p. – 24,00 €.