Label et la belle

Label et la belle


Formé jadis aux humanités et à la rhétorique par de baroques jésuites, j’ai disserté sur les tragédies à la corne du Cid (aussi espagnol qu’Ignace de Loyola), son désir douloureux, sa grandeur d’âme et sa noblesse de cœur. Chimène comprise qui, au nom de sa chimère, ne le haïssait point. Il nous montra l’exemple pour faire de nous ses disciples, dont certains sont plus raisonnables que les autres. De sa pompe, Corneille joua de la rhétorique, roué aux formules en contrastes et occis Maures.

D’un tel couple, ils furent deux athlètes proches des silhouettes de Greuze, David et Rude. Amoureux mais cartésiens, ils furent plus moteurs du désir que des « soft machines» de Burroughs ou de Robert Wyatt. Corneille déplia et compliqua leurs intrigues en tirades mais ils devinrent accessibles. Nos maîtres nous imposaient de les d’admirer comme idoles ou fétiches. Moins de leurs vertus que de leur illusion, en élève dissipé je l’ai trouvée comique. Leurs berlues furent apprises comme une didactique. Mais en vertugadin, j’en fus gavé.

Photo : Norman Parkinson

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