Un prodige

Un prodige

Désireux, deux corps s’apparentent à une régression à mesure qu’ils mûrissent en une simplification des possibilités créatrices. Par invagination, le wagon traversé s’adapte au principe de la locomotive. De manière intuitive, l’une est peu concernée par la jungle de la prédation. Bref, l’homme siphonne, la femme digère le plancton sans outre complication et en une perte de raison qui augmente l’intensité de la réussite.

En un tel domicile à l’ombre du monde, le lyrisme de l’existence ouvre à l’abandon. Voyant ce que l’on ne voit pas, tout ne prévient pas de la totalité du monde qui s’ouvre. Mais plus rien ne manque ou ne fait défaut. Ce qui appartient au connu est à la fois présent et invisible de ces insectes dont seul la rumeur est audible quand des succions rompent de manière continue le silence. Rien n’a d’autre sens que d’être là. Cela a toujours été un peu comme l’huître et son rocher.

Photo : Isuichi Mikayo

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