07 83 63 54 73 (Célia Jaillet / Mélodie Fourmeaux)
© Fabrice Robin
Questionner notre regard sur la souffrance sexuelle
La compagnie “Le rire d’Ariane” cherche à interroger de la façon la plus directe nos représentations. Ainsi, le récit est présenté d’emblée comme véridique, consignation scrupuleuse d’une expérience faite pour ébranler les images que nous nous faisons des femmes, des putes, de la prostitution. S’inscrivant sur un site d’escorts, Douce désigne avec des gestes empreints de détermination les messages qu’elle reçoit de clients potentiels, dont le texte est projeté sur des panneaux suspendus derrière elle. Les envois se multiplient, se chevauchent jusqu’à recouvrir intégralement le corps de la jeune étudiante. La comédienne se dénude peu à peu, à mesure qu’elle franchit les étapes de sa démarche d’auto-exploration. Son attitude est froide, blanche, exprimant une absence à soi qui se traduit par une transparence de ses actes à ses paroles.
La mise en scène procède de la convocation de symboles plus ou moins explicites : les clients sont figurés par leurs chaussures et habits collectionnés dans des boites transparentes, la répétition de ses pratiques est rendue par la projection de photographies sur lesquelles son corps est démultiplié, momifié, comme distribué dans des environnements ludiques… Danaïde contemporaine, elle boit des verres d’eau qu’on ne cesse de remplir. Après trois mois, elle amplifie sa recherche, en déclarant “accepter tout”, manifestant sans raison son addiction au risque. Quand elle analyse ses motivations, elle récuse toutes les hypothèses. Son détachement sans réserve à l’égard de son corps ne s’explique pas. Son discours ne comporte aucune dimension psychologique, il décrit avec un effort d’objectivité cet abandon de soi : non seulement de son corps, mais encore de sa capacité de décision.
Montrer nus les corps dans leur relation sociale commune, habillés lorsqu’ils renvoient à des pratiques charnelles porno opère une désexualisation efficace. Le propos reste sans résolution, comme s’il nous convoquait à la tâche ardue de statuer sur ce que nous avons vu.
christophe giolito
07 83 63 54 73
Texte, mise en scène Célia Jaillet
Dramaturgie Mélodie Fourmeaux
Spectacle lauréat du Prix du Jury du Prix T13 2026.
Avec Mélodie Fourmeaux, Fiona Julien, Paul Labourgade, Margot Laverdant Gradit
Scénographie Adèle Hamelin, Célia Jaillet, Mélodie Fourmeaux ; assistanat à la scénographie Gwenaëlle Borde Picquet ; construction Clément Morel ;
génération d’images par IA Célia Jaillet, Mélodie Fourmeaux ; conception vidéo Adèle Hamelin ; conception lumière Adèle Hamelin, Célia Jaillet, Mélodie Fourmeaux ;
costumes Benjamin Jeannot ; conception sonore Octave Sevrin Duhamel ;
régie générale Adèle Hamelin ; régie son et vidéo Célia Jaillet ; régie lumière Quentin Salvant.
Au Théâtre 13 / Glacière, 103A bd Auguste-Blanqui, 75013 Paris
T +(0)1 45 88 62 22 billetterie@theatre13.com
https://theatre13.com/spectacle/07-83-63-54-73-2
Du 2 au 14 novembre 2026, du lundi au jeudi à 20h, le samedi à 18h.
Le jeudi 12 novembre, rencontre avec l’équipe artistique.
Production Le Rire D’Ariane
Coréalisation Théâtre 13 ; Le Rire d’Ariane
Texte primé par Artcena et les JLAAT.