Marc Kober, Il neige des seins dans le collant des femmes acrobates
Etoile défilante
Mêlant poétique de l’éros et poésie de la sensation, Marc Kober recrée une forme de surréalisme d’aphorismes en prose où les seins de femmes sont les centres du monde. Au poète de dévaler leur sillon même si la vue des lecteurs se rallume à un tel balcon.
Grâce au poète, à chacun de suivre le tracé de feu jusque dans une sombre fourrure. Malgré l’impatience de la lecture, le livre avance pour accueillir l’aster dévorant entre des lèvres roses.
Chacun se veut loup qui applique sa bave et sa gueule sur l’étoile de tous les bergers et sur l’épaisseur d’un cri de velours. Par son ventre lisse et les cheveux qu’elle rejette en arrière pour dégager sa nuque à des rendez-vous, une telle égérie, par poète interposé, rend dans son bouquet de langues son statut de poupée vaudou d’un Haïti perdu.
Mais tout lecteur – devant une telle adorée à dorures – ne sortira jamais de son île.
ean-paul gavard-perret
Marc Kober, Il neige des seins dans le collant des femmes acrobates, Vincent Rougier éditions, coll. Ficelles & Plis Urgents, 2026, 34 p. – 13,00 €.