Jean-Paul Gavard-Perret, Exquis maux – Toute la mère à boire
L’éros à domicile
Arracheur des pieds de vigne de la bienséance, Jean-Paul Gavard-Perret refuse d’abuser de litotes et métaphores pour distiller une moëlle moins substantifique qu’érotique. L’énergumène, entre joie et douleur, n’est jamais à cours de valdingues et il trouve ici son semblable, son frère (auteur de la page de couverture et directeur de la collection) : Jacques Cauda.
Dans ce livre, les aventures de la réflexion la plus profonde dérivent pour statufier la dérision et parfois l’infamie puisque ses tablettes et tablatures tentent d’intercepter un chaos impassible.
Les câlins de pulsions plus ou moins communes flattent ici des incertitudes là où les sens ne sont jamais interdits. Cela ne permet pas de comprendre les abîmes du cerveau d’un tel auteur. Mais, contre le puritanisme, ilprouvee, par ses joyaux, que toute sophistique « se divise du poulpe par la pensée ».
D’où ici une « matelathématique » altière et jouissive. Plutôt que faire des comptes d’apothicaires, il s’agit de se laisser aller à de tels contes plus immoraux qu’apostoliques. En bonus, un équilibre fabrique les rebonds d’une énergie posée sur le ressort de lits et de la création. Celle-ci hante tout corps de son ombre pour être possédé par le ou les fantômes qui l’habitent et dont l’auteur creuse les courant fous.
sylvie aflalo-haberberg
Jean-Paul Gavard-Perret, Exquis maux – Toute la mère à boire, Editions Douro, Chaumont, 2026, 72 p. – 15,00 €.