Terre île
(Elle et bords)
De par son impérialisme religieux et païen, la fée sans clochette ne « romantise » pas la vie : elle cherche à en rassembler l’unité en donnant l’approche et la dignité de l’inconnu où se cache une apparence infinie. Je ne m’interdis pas de penser qu’elle change la réalité en habillant sa poupée vaudou afin de révéler l’esprit visible et qui agit. Sa magie est de sauver, face au réel, un possible qui semble certes n’en avoir guère mais qui peut exister et se développer.
Elle ré-enchante non seulement les pensées prêtées aux choses mais également les pensées qui découvrent la pensée des choses. Où sa toute-puissance, je n’en sais rien. Mais, par son matérialisme, de l’idéalisme, elle demande d’où il sort. Certes, l’origine de sa puissance vient des cérémonies, des chants, des danses, des rassemblements rituels ou périodiques de jadis et parfois de naguère. Mais sa force lui appartient singulièrement. Penser que les êtres peuvent participer les uns aux autres reste son cercle vertueux. Première voyante des esprits, plus elle avance, plus elle demeure une enfant au regard frais, le plus exubérant et déterminé.
jean-paul gavard-perret
Photo : Patsi Valdez