Dette de nos états
Notre apocalypse amoureuse reste souvent joyeuse et parfois âpre et rude. Mais elle tient à l’opérette. Elle remplit nos journées. Nous jouons de nos comportements voire de grands personnages en devenant saltimbanques pour consacrer certains efforts particuliers, et obstinés selon nos respectives spécialités. Nous restons les interprètes de notre vitalité non sans une aptitude à l’universel. Nos positions « kamasouterraines » surgissent parfois du nulle part selon certaines attitudes qui tiennent du philosophe contrarié ou du goal qui s’était rêvé avant-centre.
Mais ici, notre imaginaire refuse toute complication de la pensée, toute technique sophistiquée. Notre énergie se déploie en résistance à la continuité biologique ou à l’esprit conservateur de la procréation. Certes, ma compagne rumine parfois : « Où va-t-il chercher tout ça ? Où ? ». Mais en spiritualisant un poil le continu, mon goût opte pour les privilèges du raffinement mais en mauvaise conscience pour nos accomplissements. Néanmoins, notre coquetterie dans la sexualité tient de la création comme de la récréation d’un peuple perdu et nous nous demandons si nous sommes encore en vie.
jean-paul gavard-perret
Photo : Elen Von Unwerth