Tout de m’aime !

Tout de m’aime !

Parfois, s’il te fouette d’une main tremblant l’air, sa main est comme une lame. Echevelée, tu danses sur ses genoux tandis qu’il peint ta peau de rouge. Ses mains scellent deux destins sous l’ébène. Crinière en feu, ton corps se dresse. Il voit en la mer son île, en toi le port et la Parque aux Princes quand, de nuit, des lampadaires déglutissent sur des barques éventrées où flottent les rires perdus.

Tu es là, courbée et dressée sur l’échine du monde, immobile et flamboyante, dégagée de tes gouffres du passé. Tu as su tirer des braises, tu les as lancées au ciel et ce furent des étoiles. Tu les accroches une à une.

Photo : Claude Guillemin

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