Seule la chamane ignore (mais n’ efface pas les hommes)

Seule la chamane ignore (mais n’ efface pas les hommes)

Déjà chamane, tu savais avant nous comment les hommes sont faits de foutre et de fièvre et que chaque battement de leur corps et du coeur est une lame traversant ton aube. Tu restes torrent d’or et de plaisir en creusant ton ventre. Regarde : la langue des amants éclate de tes éclairs, leurs mots sont des rivières noires où danse ton vertige.

Chacun entend ton cri, pour le recueillir quand tu te redresses en étendard dans la lumière tordue quand le jour se lève. Tout homme aime tes yeux de vouloir tout voir car ton cœur est capable t’aimer trop et plus. Tu sais prendre tout tumulte incandescent. Tu en fais une injure, un ouragan que toi seule dompte. Alors, chaque homme digne de toi lance son « je suis à toi, offert à tes marées.» Mais il sait que, même s’il mourra, tu veilleras sur son existence car tu en conserves le feu.

Photo : Taylor Mitchell

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