Saillances, lit et ratures
(Plum’art)
Tout lit repose sur un nombre limité de formes en une infinité de figures. Elles peuplent notre monde sur son arrière-plan. Il supporte nos stigmates et la grammaire karstique qui répond à nos folies – sans compter les occasions que nous avons rencontrées. Leur discontinuité fait la saillance où hoquètent nos soupirs en des interactions dynamiques sur un tel espace-temps.
Comme une botte de foin, sur la surface plane de notre couche s’explantent et se déstructurent nos natures là où nos sensations génèrent faim, survie, reproduction, émotion. Notre corps est comme un épouvantail que l’autre habite. Il cherche la forme qu’il ne connaît pas mais elle s’habitue à la sienne. Soudain, les corps gesticulent, se désarticulent. Sculpteurs de leurs contours, allégés de leur substance ils se libèrent de leurs bords sur celui du lit.
jean-paul gavard-perret
Photo : Douglas Kirkland