Oh rage !

Oh rage !

(Comment se réincarner)

Que les hommes et accessoirement les dieux en témoignent quand des nuages en tempête font rage autour de ma porte. Je la tiens pour éviter qu’elle s’ouvre. Mes orteils et mes oreilles la touchent et je ressens le poids. Mes muscles se resserrent pour ne pas laisser passer le vent. L’air siphonne jusqu’aux insectes qui se nourrissent de sang et parfois meurent sous la paume de ma main.

Mais à force, ma conscience se détache de moi, elle flotte et je disparais ou me transforme, écrasée comme une tache magique, mystérieuse. Mais elle peut – qui sait ? – incarner en un personnage labyrinthique défendant mon château contre l’assaut du néant.
Je suis en tel état, vaniteuse, lamentable, strictement hiérarchique, en rang, faisant la queue aux portes de l’Inconnu. Mais des gens déjà me piétinent à coups de pieds dans mon cul de ciment.

jean-paul gavard-perret

Photo inconnue

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