Monomaniae

Monomaniae

En te retrouvant chaque fois, le choc est grand. D’abord, par peur d’être envahi, dissout mais je défaille d’émotion par le désir brûlant de ta présence. En nous le présent, le passé, le futur pour n’être plus en miettes. En te blottissant contre moi, je t’écoute. Tes mots tournoient dans ma tête. Tu restes la capitaine du navire de la vie. Tout se confond : la terre, la mer, le ciel. Et tes images crépitent en moi, envahissent mon dedans.

Poreux, plus besoin de me barricader, de me verrouiller. Me voici éponge en ton humidité dans le trop du trop. Et par ton huître ouverte, je deviens la seiche qui jette et écrit son encre sur le corps du monde par notre fusion en mode obsessionnel. Ne contrôlons plus rien de nos affects. L’invisible et l’impensable nous rattrapent pour inventer notre équilibre et distiller le parfum de l’amour. Nous opérons un virage à cent quatre-vingts degrés.

Soyons monomaniaques, même si – dit-on – un tel état nous empêche « normalement » de vivre. Falaise que fadaises !

Photo : Jacques Henri Lartigue

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