Miss Tic
(et Mister)
Pour certains, l’amour est le commencement de la guerre. Le bouclier de corps cache l’âme dont les dégâts sont illimités. Elle n’est pas la seul en cause car elle condense son sacrifice dans la tension entre celui qui aime l’amour et l’autre. Cela montre un principe obscur entre une mission spirituelle et un contexte d’occupation des corps. Elle peut reposer sur la domination comme si un ver était dans le fruit. Le premier est toujours meurtrier mais s’il flotte dans un corps et le respire sans savoir beaucoup de l’autre d’apnée en apnée, de réveil en réveil bientôt menacé.
Mais cela lui permet de s’orienter dans le sentiment en fonction des mouvements provoqués par le corps. Il n’existe toutefois pas de « Mandat du marécage », comme l’appelle Giorgio Manganelli. Seule une imprécision affective autorise à le comprendre par ses vaguelettes et clapotis en apparence insignifiants. Ils indiquent parfois les signes d’un commerce avec l’erreur de celle qui devient un fantôme capturé. Mais dans cet échange jaillit de manière doucereuse et délétère un équilibre des vivants : nous devons y découvrir une simple vérité. A chaque mandaté d’opérer pour l’autre des étincelles dont le corps reste attirant et mystérieux.
jean-paul gavard-perret
Photo : Dana Gallagher