L’art (de vivre)

L’art (de vivre)

Dieu est une question déroutante. Officiellement, des dieux on en compte 11899 (parfois invisibles, parfois sous forme d’animaux et d’autres qui attendent leur lifting). Dans notre pays et notre enfance, en lui nous fûmes baignés via pensionnats catholiques, bonnes sœurs, faux frères, messes, communions, confirmations. Mais bien avant de devenir adulte et en dépit d’une telle observance, nous étions intéressés au chas de nos copines dont la lumière passe sous leurs robes.

Par lui, nous éprouvons ce type de Résurrection que les textes sacrés ont du mal à dater. Au clair de sa lune, nous découvrons la perspective à nos émotions. C’est donc par cette piste que nous suivions les volutes de l’art – sauf celui de Duchamp où la Femme fut remplacée par un urinoir même si des problèmes formels surgirent. Nous assumions loin de lui la douceur dès les peintures de Watteau en des nids douillets perceptibles à quatre siècles d’intervalle de notre époque. Ilssignalaient déjà notre volupté en oubliant l’importance de la religion. Et de nous interroger en une possible surrection.

C’est donc ces pistes que nous suivions. Certes, même chez Constantin Guys les enfants ne furent pas protégés de sexe et Piero Della Francesca et le Caravage ont anticipé un tel dérapage. De l’interrogation sur la chair, son péché voire sur la conception immaculée, nous avons fait l’impasse sur les crucifixions et les nativités. Nos images choyées devinrent un réacteur sensible pour nous appeler le paradis terrestre. Nous avons découvert – réjouis – le caractère précieux de notre plaisir. D’autant que toute peinture reste plus ou moins vraie : la vie y entre et l’art reste une tentative pour combler ce qui nous habite. Il nous fait retrouver la joie de vivre. Quant à la paix de l’âme, c’est une autre histoire voire une disparition ou un hasard.

Photo : Jimmy Nelson

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