Jean-Paul Gavard-Perret, Bambou las

Jean-Paul Gavard-Perret, Bambou las

Avec audace, Sylvie Aflalo-Haberberg propose à Jean-Paul Gavard-Perret des photos. Elles jouent toujours de l’ici et de l’ailleurs. Dès lors, le couple occasionnel d’un tel livre offre un « lieu » qui est toujours le même : celui de l’amour – mais, absent, il rend le sommeil des femmes douteux.
L’un écrit, l’autre photographie pour montrer ce qui soulage le manque. Celui-ci est un mal nécessaire. Mais qui donc au fond de soi peut se reconnaître ? Madame rêve de se vivre dans l’orgasme et de perdre sa pensée. L’un s’épuise, l’autre se transcende.
Bref, c’est parfois une pluie d’hiver, parfois une pluie d’été. Près d’une plage normande, d’un quai de Seine – même sur celui du Fleuve Amour. Et la beauté des femmes de la photographe devient l’abîme de l’écriture. L’auteur aime à s’y terrer en Cythère .

Existent deux mouvements en concert de l’ombre et du soleil. Avec les photos, l’auteur roule dans les songes et les cendres, et l’artiste appelle l’éros même dans l’absence où la mélancolie nous hante.
Nous lisons et regardons les corps des femmes, leur tendresse étrange et leur mystère intense. Pour casser le silence des images, l’auteur évoque ce qu’elles font quand soudain tout arrive – à savoir non le pire mais le meilleur.
Avec ironie et humour et avec l’érotisme de ses photos, le livre devient le prolongement des errances et des attentes dès que des mains-mémoires visitent la peau de bien des temples. Les deux créateurs joignent leur « technologie » pour lutter contre l’angoisse d’un passante baudelairienne dès qu’un égaré éloigné se rapproche.

Et si l’auteur devient le voyeur de telles images, sous divers prétextes, il rêve leur sensualité non sans pertes volontaires de contrôle. Existent des frôlement dans le temps et entre les plis de l’échancrure d’un chemisier. Histoire de franchir le seuil, deux dissemblances s’unissent là où chaque revenante avance. Moderato cantabile bien sûr.

Jean-Paul Gavard-Perret, Bambou las, Photographies de Sylvie Aflalo-Haberberg, Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, Nice, 2026, 64 p. – 13,00 €.

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