Giuliano Ladolfi, Des ténèbres à la lumière : le monde recréé de Marie

Giuliano Ladolfi, Des ténèbres à la lumière : le monde recréé de Marie

Le poète italien Giuliano Ladolfi reste toujours à la recherche de l’infini et, entre autres et ici, pas des yeux de Marie. Mais ses poèmes ne sont pas des prières envers (ni ne réduisent l’être à) un homme mystique. Pour l’auteur, franchir la frontière, changer de corps : voici ce qui touche au passage et à la transformation de la condition humaine. Ladolfi reste au cœur même la dimension terrestre ; il ne se limite pas au mal ni au péché dans la traversée de l’existence.
A travers le monde recréé de Marie et dans une forme de son autobiographie, l’auteur nous confronte à une Apparition. « Le fallait-il ? », dit-il en substance. Il le faut désormais.

Ses poèmes donnent du voir plus que des visions. S’accomplit alors, et non seulement à travers des pénitences, l’idée d’une transsubstantiation au nom de la Lumière blanche qui surexpose courbes, apparences. Certes, le monde de Marie reste un territoire sacré. Dans ce livre, il est là, à portée de main pour appeler l’émoi dont l’ivresse entre terre et esprit se multiplie là où l’épreuve de la vie n’a plus rien d’un chemin de Damas.
D’où les effets étranges de Ladolfi qui éloigne la clôture en rappelant une tentation, une présence, une attente. Il s’en fait le voy(ag)eur mutant par le saut, l’éclat d’une écriture de transfert qui nous pousse vers quelque chose d’autre. Le poète nous désaxe de notre assise, de notre sécurité. Il s’agit de s’extraire de la pure illusion et de la simple la transgression. Franchir la frontière revient à accepter de passer non la limite de notre ignorance mais les limites de notre raison.

Giuliano Ladolfi, Des ténèbres à la lumière : le monde recréé de Marie, Ars Longa, 2026, 238 p. – 20,00 €.

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