Giulia Mariniello, La ville visible
La ville est une femme
Ce portfolio s’inspire du livre d’Italo Calvino, Les Villes invisibles – atlas de villes imaginaires portant des noms de femmes. Il fait également référence à l’aspect visuel prédominant des villes contemporaines.
Giulia Mariniello commencé ce travail il y a quelques années avec l’idée de rendre compte de certaines transformations du paysage romain dues à l’utilisation massive de grandes affiches ou de panneaux publicitaires sur les bâtiments ou les moyens de transport, qui ont commencé à envahir la ville.
Selon elle, la mondialisation économique a donné naissance à une mondialisation visuelle, si bien que, dans ces images, » il est difficile de dire si nous sommes à New York, à Londres ou à Rome. Nous vivons tous dans ce que Cohen-Séat définit comme une «iconosphère », un univers d’images artificielles, produites à l’échelle industrielle pour une population croissante qui a besoin d’une consommation quotidienne d’images », écrit la photographe.
Elle cherche à mettre en évidence la relation insolite entre la ville « réelle » et celle créée par la publicité, à travers un regard ironique et surréaliste : une femme qui semble boire à une fontaine, un Concorde volant dans un ciel de papier, des silhouettes mystérieuses qui courent. Reste monde gigantesque de papier qui fait irruption dans notre monde réel. Ainsi, d’une certaine manière, son travail n’a pas seulement une visée documentaire, mais aborde le thème de l’illusion et de la réalité, où la ville devient une métaphore de nos vies.
Les photos ont été prises avec des appareils analogiques et n’ont subi aucune retouche numérique. Même si certaines d’entre elles semblent être des collages, elles représentent exactement ce que son œil et l’appareil photo ont vu.
jean-paul gavard-perret
Giulia Mariniello, La ville visible, L’Oeil de la Photographie, octobre 2026.
La ville visible est un ouvrage qui a été publié par Gente di Fotografia, Modène 2023.