Fée bus
Ses cheveux cachés sous son sarrau blanc façon L’Etranger de Camus, elle sait toute la préhistoire de ses innombrables origines, se souvient des parlers de ses ancêtres. Evoquant son amour, elle dit « nous » quand, avec son amant, ils s’ébattent pour connaître la jouissance au moins une fois par jour. Par l’emmêlement de leurs gènes, ils deviennent aussi la sueur, le précipité de leurs baves.
Assignés à l’immanence, ils échappent à l’étroitesse abstraite du temps – et il n’y a pas d’autre raison. Qu’importe si l’humiliation croît sous la pente herbeuse de l’amante à mesure que l’autre ne pense qu’au proche et elle à l’ondulé de l’âme. Mais en ce sens et à sa manière, son Phébus la secoue.
jean-paul gavard-perret
Photo : Mark Steinmetz