Créon

Créon

Mon vieux samouraï perché sur des mûres grimpantes ouvre peu à peu ses bras en un répertoire de gestes intimes, mais acceptant de ne pas tout ouvrir et ne pas tout trouver. Ma voix reste grave comme celle de Jeanne Moreau. Mon ventre demeure gribouillé dans un tissu à l’africaine. Je veux te donner des répliques à la Créon même si je sens ton odeur du fenouil quand ta chair me griffe.

Ogre, je tends mon sein pour que tu ajoutes une caresse mais mon cri d’amour se cache toujours derrière un repoussoir. A toi de me pardonner. Certes, il n’y a plus assez d’autres rôles pour notre théâtre car nous partageons notre vie sur nos lèvres. Mais le mégot de ma Camel irise encore tes yeux de fauve. Attends encore un peu de me manger.

Photo : Sylvie Aflalo-Haberberg

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