Archives de
Tag: Jean-Paiul Gavard-Perret

Le captif amoureux

Le captif amoureux

(Mama douée) Tu as su, sine die, m’éblouir, m’affrioler, m’amadouer, me glisser sur ta poitrine pour m’amorcer et pour que je m’amuse avec des tétons cassis. Bref, tu as su m’appâter, m’ apprivoiser me captiver, me capturer, me charmer, m’ attacher, m’attirer et comme une souris verte m’ attraper (pas que par la queue), me cajoler, me débaucher, m’embabouiner, m’enchanter, même me déniaiser, m’emberlucoquer, m’embobiner, m’ensorceler, me subjuguer, et m’envoûter. Certes, ce fut le moment le plus importent de ma vie. Et…

Lire la suite Lire la suite

Lin faux

Lin faux

(bonds d’âge) Tu es là, dans l’ombre allongée du chevalet, un bras offert à la lumière, une hanche noyée dans l’huile encore vive, la peau en bataille avec le lin brut de la toile. Tes pinceaux s’échappent en vagues de bleu que le vermillon contourne. Ton noir creuse la nuit et devient lumière. Et tu restes toujours plus peinture qu’elle-même. Mais tu sais aussi t’en échapper dans l’éclat d’ivoire sous ton oreille, dans l’ourlet fiévreux de tes cils et le…

Lire la suite Lire la suite

L’oreille du muet

L’oreille du muet

(gare au duvet) Tout psychiatre est pratique quoique troublant. Nous sommes face à une machine à qui nous parlons, mais qui ne répond pas – ou peu. Une question et une réponse ? bernique ! Reste une opération sans rétroaction apparente comme face à un chat qui, au départ, se prend pour psychiatre dans son rapport de maîtrise. Nous savons que le second n’est qu’un objet, Mais le premier ne se contente pas de nous répondre. Il nous traite avec…

Lire la suite Lire la suite

Créon

Créon

Lune et l’hôte Mon vieux samouraï perché sur des mûres grimpantes ouvre peu à peu ses bras en un répertoire de gestes intimes, mais acceptant de ne pas tout ouvrir et ne pas tout trouver. Ma voix reste grave comme celle de Jeanne Moreau. Mon ventre demeure gribouillé dans un tissu à l’africaine. Je veux te donner des répliques à la Créon même si je sens ton odeur du fenouil quand ta chair me griffe. Ogre, je tends mon sein…

Lire la suite Lire la suite

Gars rage

Gars rage

(vie telle) De ta fontaine, il ignore la hauteur de ton chant et sa profondeur des hymnes. Ton amour le hante. Mais s’il plonge trop vite, il rate le coche en te forçant à tout donc à rien. Traverser l’invisible tient par l’ébauche d’une trace. En se croyant en toi, il reste dans le dehors des choses. Qu’il connaisse d’abord la clarté de tes murmures à l’ombre de ta tubéreuse. Qu’il consente à ta parole avant de disparaître dedans. Sinon,…

Lire la suite Lire la suite