Belle marquise

Belle marquise

Gambadant dans sa mare, manquant d’une case par amour pour elle je cherche sans cesse son étoile mystérieuse et ne m’oppose jamais de « niet ». Elle m’enjoint sans benjoin des oukases à ma virilité. Bref, elle apprécie le secret de ma licorne qui introduit un certain désordre dans ses dessous chics aux parures inépuisables dont je raffole tout en écoutant avec elle du Johnny Hess ou du Eddy Cochrane, primitifs d’une musique binaire qui n’a rien de précolombien ou nègre.

Mais avec elle, qu’importe l’ivresse, pourvu qu’elle sorte dans le répertoire de ses obscurs objets un flacon de Chanel dont la forme rappelle le fétiche Arumbaya du Musée ethnographique de Bruxelles. Vêtue de son seul parfum, elle s’ébroue comme un bébé dans l’eau de son bain avec mon totem et sans moindres tabous. Me voici soudain animal et bouc émissaire. Voici alors la plus classique des femmes. Je mords son cuir, je la couvre et la découvre sans finir jamais de dire ce qu’elle a à me dire. Cela provoque son discours introductif à notre stupre et nos fornications. Elle dépasse là de grands auteurs littéraires et Sade lui-même !

Photo : Michel Supres

Laisser un commentaire