Aile visse
Voici ce langage qui me fouette entre les mains du temps : je parle car je suis seul. Je parle qui me parle.
Je ne suis qu’un petit bruit ou plutôt j’ai plusieurs bruits en moi, ignorés des êtres pressés courant avec leurs mots autour de la mort qui étend ses bras sur le cadran de l’heure.
A l’inverse, je pense à la chaleur que tisse ma parole autour de son noyau de rêve. Les cloches de mes mots sonnent souvent sans raison. Mais abandonné à mes propres lèvres, j’en déduis le feu d’une envolée céleste.
Elle se visse, se comprime s’écrasant en moi comme le papier froissé de l’emballage défait. C’est le cadeau d’un autre âge aux glissements des poissons d’amertume.
jean-paul gavard-perret
Photo de Peter Goebel