Paul Badin, Sur la voie du lotus
Bleu du ciel
Le lotus vient à la rencontre du regard qui peut aussi aller de la montagne jusqu’aux plaines lors les couchers dorés de l’été. Dans ces paysages se produisent des juxtapositions là où « la mémoire servait de peinture ». C’est pourquoi la poésie de Badin restera le rythme de la vie. Un rythme qui dépasse la mesure comme le cadre de ses poèmes.
Badin n’enferme jamais le désir dans la prison de corps et chaque fois son histoire apparaît, ressuscitée dans un nouvelle mémoire. L’éternité prend ici l’écorce du Lotus, sorte de symbole de l’émotion qui est atteinte au plus profond. C’est une affaire de résistance et de volonté. Contre les affaissements du corps et les sensations lugubres, Badin propose son érotisme particulier. Son oeuvre n’a rien d’une facile complaisance, d’un don envers la postmodernité. Il ne chassa jamais la vie.
Tout son travail se situe contre l’escamotage et l’esbroufe. Il s’appuie sur la force du présent dans un surplus de fluide qui « reste » sublime et prouve, lorsqu’il se produit, qu’il y a un « instinct » à conquérir face à l’avenir en un sentiment extatique de la vie.
jean-paul gavard-perret
Paul Badin, Sur la voie du lotus, Encres Vives, Frontignan, 20226, 28 p. – 6,60 €.