Trop matés

Trop matés

Ne pas avoir tendance à se méfier des « jamais » et « toujours » enferme la pensée. Même les philosophes ne savent pas s’en priver. Et c’est un comble ! Sous prétendue valeur de témoignage, il n’en reste rien. Et si vous voulez être du côté du « toujours », faites attention à ne pas tirer une vérité du « jamais ».

Le marché de ces deux adverbes est celui de dupes même s’ils suscitent une réception enthousiaste ou désarçonnent les sentiments. La majorité des écrivains adoptent sans bien s’en rendre compte le point de vue de l’absolu dont l’existence est niée ou opacifiée. Epicure offre un secret de la littérature : « Pour bien écrire il faut le biffer ».

Photo : Daido Moriyama

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