Marguerite Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu

Marguerite Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu

Marguerite Yourcenar a regroupé ici des poèmes d’une rare intimité dans ce mince recueil d’une intimité rare. Ils dévoilent l’essence spirituelle de l’auteure et attestent d’ un exercice d’admiration et de l’énigme de son quotidien.
L’auteure s éloigne des formes classiques qu’elle défendait. Ces vers en hachures et enjambements marquent l’aboutissement de ses ultimes recherches esthétiques. Singuliers, cryptiques, hybrides ces poèmes demeurent la constellation d’images parfois insolites, de sensations de voyage, inventaire tout personnel où affleure la présence du divin parmi les hommes et les bêtes.

Tout « sent » ici la fulgurance du visible et de l’invisible. Et face à la perfection des Mémoires d’Hadrien, ce recueil devient d’une modernité saisissante. Preuve que Yourcenar a toujours refusé d’enfermer son œuvre à l’intérieur d’une quelconque frontière, histoire peut-être ici d’arriver à « apaiser sa / faim à l’aurore » mais au crépuscule de son existence et tel un héron près de la « nuit à demi gelé ». Dieu lui appartient.

Marguerite Yourcenar, Les trente-trois noms de Dieu, Poèmes réunis et présentés par Achmy Halley, Fata Morgana, 2026, 48 p. – 15,00 €.

Laisser un commentaire