Les mi-gniards disent
Écrire est une action là où le monde des parlants est médiatisé par la langue. Mais cette action trouve dans l’I.A. une belle béquille pour ce que disent les enfants de la langue – entendons les imbéciles et les escrocs magnifiques pour fracturer les représentations communes. Elle ne figure pas le monde : elle le re-présente en tant que rétive à tout comme fiction de l’affliction. Sortant des caveaubulaire, elle organise sa re- présentations pour créer ce par quoi le monde tient quitte, pour chaque écrivain, à creuser sa plaie en tentant d’y découvrir du neuf lors de la recherche invétérée d’un manque d’imagination.
Celui-là laisse passer des bribes en un texte créé par ce nouveau « geste » dynamique qui sert d’inspiration à son accomplissement et à l’embellissement de son consensus. A cette mamelle numérique, le tracé décomposé, entre défiguration et reconfiguration, devient une synthèse souvent ironique mais rarement emphatique. L’IA est sa femme. Elle épouse son avenir pour faire des enfants du logos voire de la poésie.
jean-paul gavard-perret
Photo : Amy Gaskin