Marie Hélène Prouteau, Ces mains pour l’inquiétude

Marie Hélène Prouteau, Ces mains pour l’inquiétude

Chaque fois dans ce livre des mains  déclinent le vivant. Elles expriment et racontent, à l’infini. S’y retrouvent de très diverses oeuvres de Camille Claudel, à Erri De Luca, des mains de joaillerie aux « patounes » ou  patchwork des parois des cavernes. Toutes ces mains veillent dans la chaleur ou le froid des vies.

Pour les lire, l’autrice ne s’encombre pas de son ego autocentré Preuve que sa poésie illustre d’une certaine manière le langage des signes que créent les mains. Elles ne servent pas de décors à la poésie mais deviennent des « bulbes » de sens inédit propre à recréer du réel légendé.

Marie Hélène Prouteau traverse les époques là où les mains deviennent la manière d’appréhender le monde et le temps. Elles-mêmes deviennent paysages, réflexions jusqu’à l’idée pourquoi pas, jusqu’à la saveur en tout cas qui dure un peu sur les doigts. La main sert donc à tenir, maintenir, parfois pour lécher ou lâcher. Mais, dans ce livre, les  mains accueillent pour toutes les mains tendues forcées à l’exil. Et dans le genre, c’est bien.

Marie Hélène Prouteau, Ces mains pour l’inquiétude, éditions Al Manar, 2026, 126 p. – 22,00 €.

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