Va gars bon !

Va gars bon !

Couchée sur les draps mauves en ses nuits pleines de lune, elle fixe, sans jamais ciller, le sourire de celui qui féconde sa matrice. Il danse sur elle, ses spasmes font vibrer son corps obèse tandis qu’elle le rassasie et l’amuse. La marée monte dans le ventre où des papillons titubent d’amour.

Elle pèse l’homme blanchi à la chaux, lui, pétrit ses fruits murs. Ils  trouvent peu à peu le poids de leur âme. Leurs visages s’illuminent chacun dans le miroir tiède de l’autre. Se blasphèment en voix chuchotant leurs chimères. L’une est prise comme otage, l’autre comme cierge. Ils font un grand écart pour s’impressionner.

jean-paul gavard-perret

Photo : Olivier Dunsch

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