Bernard Plossu & Olivier Renault, Paris Sixties

Bernard Plossu & Olivier Renault, Paris Sixties

Bernard Plossu, lors de ses débuts, jeune photographe, se rêva aussi cinéaste, arpenta Pris en projetant de mettre la ville en scène comme Godard ou Truffaut. Entre 1961 et 1968, il filme Paris en 8 mm, sous tous les angles, dans divers quartiers, captant l’ancien comme le nouveau et même ce qui était en cours de construction. De ces films ont été tirés des photogrammes.

D’où leur recueil dans ce livre. Surgissent des arrêts sur image comme autant d’instantanés parvenant de ce que fut l’air de ce temps à l’époque où la capitale a connu un air de liberté apporté par la fin des guerres coloniales et l’émergence de nouveaux styles culturels.

Les hippies clament la paix sur Terre, les fleurs deviennent un motif de puissance, inondant de couleur les robes, les chemises et les jupes qui raccourcissent. Il y a l’explosion du rock et du blues. L’émancipation devient un sujet central de Plossu au moment où La Nouvelle Vague déferle avec force, changeant le regard sur le cinéma et la vie.

Chez le photographe, l’incorrect devient une politesse dans des jeux d’esprit iconographiques. Histoire aussi de revisiter l’art qu’on dit léger – pour ne pas dire plus. L’artiste a en plus le tact de jouer les innocents et cela ne fait qu’ajouter aux délectations des voyeuses et voyeurs qui oublient tristesse et mélancolie comme en regardant par un trou de la serrure.

jean-paul gavard-perret

Bernard Plossu & Olivier Renault, Paris Sixties, éditeur Yellow Now / Côté photo, 2024, 96 p. – 15,00 €.

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