Stéphane Marchand, La Mort sous la peau
Effrayant de réalisme…
Roya, douze ans, fuit dans la nuit. Elle est poursuivie par son frère et son cousin. Son tchador glisse. Elle le rattache car elle ne doit plus montrer aucun morceau de peau. Elle est une femme depuis trois mois. Sa mère l’a réveillée dans la nuit, la pressant d’aller se cacher chez le vieux, dans la montagne. Elle est en grave danger. En dernier recours, sa mère active, sur le pauvre téléphone qu’on lui tolère, une procédure apprise il y a quelques années.
Le groupe de Maxime Barelli est en Ukraine pour récupérer un paquet dans une usine de tracteurs bombardée par les Russes.
Chez Varolia, une société pharmaceutique, c’est la panique quand un hacker récupère un étrange message, une alerte bugatti relative à un programme bactériologiques franco-chinois arrêté depuis dix ans.
Roya a pu retrouver le vieux, et son chien, qui va tout faire pour échapper à des poursuivants de plus en plus nombreux.
Le groupe de Maxime rentre en France mais doit, sur ordre de la DGSE, repartir pour l’Afghanistan afin de récupérer Roya à n’importe quel prix. C’est une mission suicide, mais c’est la dernière chance, avec le paquet, de faire capoter une catastrophe …
Avec ce troisième volet qui met en scène, entre autres, la capitaine Maxime Barelli et son groupe, le romancier propose un fil rouge et une belle suite d’intrigues. Il multiplie les actions nourries de secrets d’États, d’ambitions abominables d’une entreprise et de nombreux destins fracassés par la violence de gouvernements, de croyances obtuses. Il approche des thèmes d’une actualité brûlante. C’est ainsi qu’il décrit avec précision le sort des femmes en Afghanistan, les contraintes qu’elles endurent, les châtiments qui leurs sont infligés au moindre écart par rapport à ces disciplines imposées. Ce sont aussi les obligations de leurs proches vis-à-vis de ces règles conçues par des fanatiques.
Pour corser son récit, Stéphane Marchand intègre une suite d’expériences virales qui dégénèrent.
Avec son groupe fétiche de combattants, il installe une série d’actions musclées, avec une belle cohérence, le faisant se confronter au cœur du conflit russo-ukrainien et au sein d’’un régime dictatorial effarant. Il relate le travail de fourmi des agents de la DGSE de façon superbe, l’usage des nouvelles technologies et l’emploi de satellites. Il installe, pour faire vivre son histoire aux voix multiples, une riche galerie de protagonistes construits avec réalisme, chacun étant parfaitement dans son rôle, quelque soit le bord auquel il appartient.
La Mort sous la peau, à l’image de ses précédents épisodes – Face mort et Jusqu’en enfer – impose un rythme nerveux dès les premières pages, une mise en tension paroxystique par une intrigue remarquablement conçue et un groupe de personnes qui restent en mémoire, le volume refermé.
serge perraud
Stéphane Marchand, La Mort sous la peau, Fleuve Éditions, avril 2026, 384 p. – 20,95 €.