Serge Kanony, Racines du désert

Serge Kanony, Racines du désert

Pour Kanony, les déserts sont les rivage de l’éternité pour « nous replonger dans le Temps ». L’auteur en a traversé beaucoup. Il en éprouve le sens et la beauté des lieux (sans insister pour autant sur les effets lyriques faciles en un tel lieu mythique). Il comprend que, tous, nous y ont fait et referont racine. Peut-être est-ce l’origine du monde et c’est ce qui pique la curiosité et l’analyse de l’auteur. Il s’y et nous confronte là où la température atteint près de 50 degrés plusieurs mois par an.

Chaque désert ne peut en effet laisser indifférent : soit il paraît invivable, soit l’être y trouve une impression étrange de communion avec le monde. Dans l’incandescence des déserts, l’auteur « force » le corps à se montrer sans ostentation tel qu’il est. L’éphémère de l’instant saisi suggère de mystérieux et fascinants « motifs ». La réalité et les faits sont là mais laissent présents le rêve, le désir, une forme de fiction.
Frontières, limites extrêmes, seuils mais aussi « cœurs » ouverts, les déserts deviennent ici une manière d’explorer ce qui tient à un incessant devenir. Trop d’artistes les confondent avec le néant. Kanony s’y refuse dans son écriture austère et poétique où son livre devient une forme de cérémonial. Et parfois, parmi les lieux, l’auteur va jusqu’à en faire surgir une mystique sensuelle là où la vision comme l’écriture se transforment en destin.

Nous sommes donc par le désert qui nous sommes, qui nous devenons. L’examen de conscience que provoque sa force de désert ramène l’être à l’essentiel. Là où tout semble fondre sous la chaleur, l’existence remue entre jaillissement et tsunami de températures presque insupportables. La matière perd en densité, l’impalpable devient matière. Le lecteur se retrouve aux sources d’un lieu-racine où la chaleur des sables convoque à la méditation sur le feu intérieur.

Serge Kanony, Racines du désert, Editions Douro, 2026, 144 p. – 15,00 €.

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