Sauvés

Sauvés

Chaque confidence est par essence intime, dans l’exploration de notre identité lacunaire et nos trous d’absence. Souvent la métaphysique s’abrite derrière, en farce tragique et satirique par moments et qui tient un peu d’œuvre au noir. C’est aussi une térébration de l’espoir et une construction volontaire dans notre monde de déglingue encline à puiser sa grande énigme faite d’érosion et de limon bâtis, dans la composition d’un flux à un autre dans ou hors du monde. Notre secret s’y pressent et éprouve le passage d’un frisson.

Nous écrivons à deux d’un texte à l’autre en facettes successives et constellations ; conscience, inconscience et réel tenus en ligne de mire. Si bien que le texte de l’un remplace celui de l’autre sans le disqualifier. Se dessine un pont entre l’expression d’un sentiment amoureux et l’apostrophe à l’être cher. De ses lèvres trop fines sortent des poissons abyssaux. Ils éclairent des mots de l’écru des hauts fond et emportent déclinaisons, déclivités, angles d’incidence de notre expérience dont les fragments se mêlent, s’embrouillent, se dénudent.
Aux coupures des lèvres répondent les rides de mon visage tendu vers l’autre. Nous sommes suspendus entre l’amour et la peur de le perdre. Il faut alors construire un mot double, un mot clé tant de fois rabâché de l’un à l’autre et réciproquement. Dès qu’il se superpose, tête bêche nous le suçons.

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