Samuel Beckett, Fin de Partie (Alain Timar)

Samuel Beckett, Fin de Partie (Alain Timar)

Le tarissement de l’homme poussé à son extrême, sa pourriture dénervée, sa cruauté douloureuse…

La situation : un non-lieu fait d’ordures et de murs dégradés… une île peut-être de quelque contre-utopie pourrissante… une zone sans monde qui étouffe et s’étiole serrée dans le silence effroyable d’espaces infinis… Le décor -donc- se décompose, abimé : des murs aux papiers peints arrachés, lambeaux dérisoires ; des entassements de sacs poubelles ; une mer calme, bien trop calme, pour une pareille agonie.

Les personnages ? Hamm – l’aveugle paralysé, coincé dans son fauteuil-caddie rouillé : le marteleur ; Clov – le bégayeur faible d’esprit et au pied-bot qui jamais ne pourra s’asseoir, se reposer, la victime compulsive qui ne peut se décider à s’arracher à son cercle de tourments, sans issue : le clou tordu ; Nagg et Nell, géniteurs gâteux de Hamm, enfouis dans leurs poubelles, peut-être des vieux dieux idiots. Les personnages, donc : le sadisme, le pourrissement, la décomposition – l’homme sans majuscule.

L’intrigue – pas, aucune, seulement une partie, une fin de partie, un jeu de cruauté sans issue, ou nulle autre que la mort, et sans drame donc, sans drame – oui, juste une fin de partie, pleine d’un rire tragique, une dérision qui dure sans raison. T.o.c, chasse aux puces et rats, fabriques de chiens claudiquants…

Une pièce difficile à soutenir, un jeu et une mise en scène qui nous accule aux limites du sens.

samuel vigier

   
 

Samuel Beckett, Fin de Partie
Mise en scène de Alain Timar.

à Avignon à 17h, jusqu’au 30 juillet.

 
     

Laisser un commentaire