Robert Goddard, La Trilogie du monde – tome 2 : « Aux quatre coins du globe »

Robert Goddard, La Trilogie du monde – tome 2 : « Aux quatre coins du globe »

Son père, un diplomate participant à la Conférence de la Paix à Paris, est mort en chutant d’un toit du quartier de Montparnasse. C’est l’immeuble où habite sa jeune maîtresse. James Maxted, son second fils, ne se satisfait pas de la thèse de l’accident. Il est persuadé qu’il a été assassiné.
Recruté par les services secrets anglais, James approche Fritz Lemmer, l’ancien chef des services secrets allemands, une vieille connaissance de son père, pour en savoir plus sur leurs rapports et intègre son réseau.

Pour sa première mission, qui semble facile, il est envoyé sur les îles Orcades, au nord de l’Écosse, pour récupérer un document auprès d’un capitaine. Celui-ci est sur l’un des soixante-quatorze navires de guerre allemands retenus à l’ancre dans la baie du Scapa Flow. Pour ce faire, il contacte un marin des États-Unis qui doit lui indiquer sur quel bateau il doit se rendre.
Pendant le voyage de Glasgow aux Orcades, il rencontre les Henty, Susan et Selwyn, la sœur et le frère qui logent dans le même hôtel. Max s’est présenté sous sa fausse identité mais le garçon le reconnaît. Ils étaient ensemble à Eton et il veut le faire chanter. Une mission simple qui se complexifie bien vite et qui va…

James Maxted, dit Max, cet ancien pilote de chasse devenu enquêteur malgré lui, est de nouveau le personnage principal de ce second tome qui continue l’intrigue là où celle de Sur les chemins du monde s’arrêtait. Il est chargé d’une mission d’infiltration dans un environnement militaire sous haute surveillance. Il évolue dans un climat où la suspicion règne en maîtresse sachant que chaque contact peut remettre en cause sa couverture. Robert Goddard installe dès le début une tension qui ne fera que croître dans l’univers où évolue son héros, où les frontières politiques et morales, dans un contexte géopolitique particulier, sont bien perméables.
Outre le parcours mouvementé du héros, le roman présente un bel intérêt avec la situation historique. En ce printemps 1919, lors de cette Conférence de la Paix, les empires défaits laissent des vides politiques et géographiques. Des frontières sont redessinées, les alliances se craquellent pendant que les services secrets se livrent des combats acharnés. Parfaitement documenté, cet aspect du roman est remarquable avec son immersion dans les coulisses diplomatiques.

Aux quatre coins du globe confirme l’excellente impression laissé par le premier volet. Le romancier offre un roman mêlant avec brio un aspect historique, un thriller et une intrigue dans le monde de l’espionnage. La tension ne faiblit pas et l’écriture dense, élégante, les personnages aux caractères complexes, participent grandement à la puissance du récit.

Robert Goddard, La Trilogie du monde – tome 2 : « Aux quatre coins du globe » (« The Corners of the Globe »), traduit de l’anglais par Claude & Jean Demanuelli, Sonatine, juin 2026, 528 p. – 24,90 €.

Laisser un commentaire