Robert Goddard,La trilogie du monde 1 – « Sur les chemins du monde »
Dans les coulisses de l’Histoire…
Au printemps 1919, James Maxted, un ex-lieutenant et Sam Twentyman, un ex-sergent, sont sur l’aérodrome de Hendon pour acheter des avions en vue de monter une école de pilotage. James, que tout le monde appelle Max, reçoit un appel téléphonique de sa mère car Sir Henry, son père, est décédé en tombant d’un toit à Paris. Il était dans cette ville car la délégation britannique à la Conférence de la paix avait besoin d’experts. En tant qu’ancien diplomate, il possédait une connaissance fine de certains pays. Bien qu’il était possible retraité, il avait accepté avec un grand plaisir cette mission.
Le décès de son père préoccupe Max car il n’est pas sûr que la promesse que lui a fait ce dernier sera tenue.
Il faut aller à Paris pour les démarches et leur mère impose aux deux frères d’y aller au grand dam d’Ashley qui, en tant qu’aîné, hérite du titre de baronnet et devient, de facto, le chef de la famille.
Sur place, si Ashley veut se débarrasser très vite des formalités, Max veut comprendre comment leur père est mort. Et, très vite, des éléments troublants quant aux attitudes de son père, de son entourage, l’interpellent. En effet, la chute n’est sans doute pas accidentelle mais tout est fait pour étouffer l’affaire car un scandale aurait trop de conséquences. Sir Henry était, au moment de sa chute, en haut de l’immeuble de sa jeune maîtresse…
La Conférence de la paix s’est tenue entre janvier et août 1919 à Paris et au château de Versailles, pour élaborer des traités suite à la fin du conflit. Elle va redistribuer les frontières avec la disparition des empires allemand, austro-hongrois, ottoman. Elle procède à la création de nouveaux États comme la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, elle acte la renaissance la Pologne… Les colonies allemandes sont partagées entre les vainqueurs, chacun voulant une grosse part du gâteau. Elle installe La Société des Nations, la SDN. Mais, déjà, le sénat des USA ne reconnaît pas cette juridiction. L’histoire prouve qu’on ne peut, qu’on ne doit jamais faire confiance à un allié trop puissant.
Après la présentation des principaux acteurs du drame, leurs situations, leurs motivations, le romancier entre dans le vif du sujet en faisant progresser Max qui va devenir l’enquêteur principal. Il veut découvrir toutes les raisons qui ont motivé la mort de son père. Or, il va comprendre que la simple histoire d’adultère initiale n’est même pas l’arbre qui cache la forêt et va lever le voile sur une succession de conjurations, de conspirations, de complots.
Robert Goddard, avec ce premier volet d’une trilogie, entraîne son lecteur, avec une écriture précise, un style enlevé, une documentation avérée puisée aux meilleures sources comme la bibliothèque historique de la ville de Paris. Dans un enchaînement de situations en tension, il installe son intrigue avec un magnifique talent de conteur et mêle secrets diplomatiques, d’États, de famille, à de sombres menées de politique politicienne et des actions audacieuses.
serge perraud
Robert Goddard, Sur les chemins du monde – La trilogie du monde 1 (The Ways of the World), traduit de l’anglais par Claude & Jean Demanuelli, Sonatine Éditions, juin 2025, 528 p. – 24,90 €.