Paolo Scheggi, Gli ambienti di Paolo Scheggi 1964 – 1971 (exposition)
Ici et ailleurs
Par ses environnements, Paolo Scheggi (1940-1971) reste l’un des protagonistes internationaux des recherches expérimentales des années soixante, héritier du spatialisme et l’un des fondateurs de la peinture monochrome et d’objets. L’exposition est complétée par sa monographie intitulée Ici et ailleurs. Les environnements de Paolo Scheggi 1964-1971.
L’exposition propose un corpus de 60 œuvres comprenant photographies, documents et maquettes, aborde un aspect précis et fondamental des recherches de Scheggi. Entre autres et surtout, l’intégration plastique avec l’architecture, déclinée dans les projets d’environnements habitables et piétonniers créés entre 1964 et 1971.
L’initiative célèbre l’entrée de l’œuvre par « Structure modulaire »(1967) composée de trois feuilles de bois peint, superposées et découpées, traversées par deux rangées ordonnées d’ouvertures circulaires parfaites créant des jeux d’ombres et de lumière. L’œuvre fait désormais partie des collections permanentes du musée MA*GA. Est dévoilée aussi la maquette de l’œuvre «Composer cromo-spaziale » (1964), exposée à la Triennale de Milan en 1964 et dédiée au thème du loisir. Ce projet mit déjà en lumière la vocation de Scheggi aux thèmes de la perception et de l’expérience de l’utilisateur dans l’espace où l’œuvre s’étend dans un environnement propice à la marche, des thèmes qui, à la fin des années soixante, prendraient des connotations conceptuelles et performatives.
L’ « Intercaméra en plastique » (1966–1967), exposée à la Galleria del Naviglio à Milan en janvier 1967, est documentée, en plus de la précieuse maquette, également par les photographies d’Ugo Mulas et d’Ada Ardessi, qui restaurent l’expérience immersive et phénoménologique offerte par l’artiste à l’utilisateur.
Le dialogue entre surface et volume se resserre dans la section consacrée à la « Structure modulaire » et « l’Intersurface »(1966) dans une comparaison qui explore la tension entre la plénitude du matériau et le vide de l’ombre. L’aboutissement de l’itinéraire est représenté par la reconstitution historique et philologique de deux environnements imposants, dispersés après leur exposition historique. Entre ces deux œuvres se trouvent les six sculptures qui composent l’installation de « profetipergeometrie » (1971) juste avant la dernière œuvre de Scheggi. L’artiste la considéra lui-même comme un testament spirituel, capable de combiner la rigueur de la géométrie avec le message métaphysique.
jean-paul gavard-perret
Paolo Scheggi, Gli ambienti di Paolo Scheggi 1964-1971, MA*Ga, Gallarate, du 24 mai au 11 octobre 2026. En sus, monographie de l’artiste.