Marie Ange Daudé, Une artiste à nu – tome 5

Marie Ange Daudé, Une artiste à nu – tome 5

Marie-Ange Daudé résume toute l’ambiguïté et l’enjeu de la photographie de nu et du paysage. Ces mises en lieux obligent au voyeur un double regard par la fascination de deux sujets : le décor et le corps féminin nu.
Dans ces prises de la femme en son intimité, la photographe use de cette feinte pour laisser apparaître une autre monstration là où chaque lieu prend un sens. Dès lors, sous la transgression se cache non une régression du paysage mais sa subversion bien au-delà de son habituel cliché.

Marie-Ange Daudé y interroge de simples ruines ou friches industrielles jusqu’à des ouverture de l’horizon. Le corps chaque fois délivre un indice mais sans se réduire à un concept. Il devient opérateur presque malgré ou à cause de lui. Au regardeur de faire travailler son imaginaire sous un double angle. Et cette contrainte devient astucieuse (et parfois ironique) là où toute prise s’érige en une cérémonie qui transforme les notions d’objet et de chose.

La beauté de la forme nue permet de souligner d’autres formes idéales ou non. Tel un totem ou une biffure, le corps devient l’embrayeur du lieu où il prend ainsi un autre regard pour y travailler les images, offrir d’autres courbures sans se promener près du corps mais dans le paysage où le jeu du lointain du corps crée une proximité de la hantise des lieux.
Bref, « l’artiste à nu » transgresse le visible, touche à notre plaisir, à notre jouissance mais, en conséquence, aussi à nos possibilités d’angoisse puisque le paysage est interpellé dans une sorte de décalage de son esthétique par celle de la photographe.

Marie Ange Daudé, Une artiste à nu – tome 5, 2026 – 45,00 €.
Sur le site de l’artiste ou son Facebook.

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