L’inconscient miaouteux

L’inconscient miaouteux


Le concret du roman ignore le réel. Il accuse ou arrondit les angles – même des tempêtes – dont son précurseur, Rabelais, fut le maître loin de tout témoignage miaouteux. Son Tiers Livre et les autres ignorent le monde afin de le faire autrement. Chez lui, pas de têtes à couper mais des moutons à noyer échafaudent la langue là où les paroles gelées entrent en ébullition. Les aventures de Rabelais et par esprit de contradiction préfèrent l’escargot à la vitesse. Ses histoires peuvent se suffire de parcourir quelques mètres ou bien des continents et ses personnages vivent en une poignée de minutes ou en de siècles.

L’essentiel reste ce que les mots diront car ils réservent l’absolu du genre dont ils sont le seul mythe d’un tel despote praticien. Son ambition : créer le der des ders dérangé, émigré, négateur, utopique. Dès lors, Rabelais comme tout auteur ne veut pas savoir s’il y a eu des hommes avant lui ni ceux qui traînent leurs gamelles. Ses mots incitent à des variantes ludiques, refondatrices conceptuelles et sensorielles. Leur pente vers la pureté et quelle qu’en soit la tribu, il s’en fout. Son délire demeure comme solution à un problème pas encore donné. Le tout sans qu’il y ait besoin de s’illusionner sur le réalisme ou la représentation. Rabelais n’avait plus besoin de monde mais voulut réinventer sa langue. Cela s’appelle un beau métier.
Cependant….

Oeuvre de Marcel Miracle

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