Les Cahiers de Tinbad– n°19
E(s)thétique de la subversion
Les Cahiers de Tinbad nous passionnent toujours. Face aux discours « officiels », surgissent des controverses là où fait débat l’histoire des arts (cinéma compris), de la littérature, de la poésie et de la politique.
L’intelligence d’une telle revue devient une réplique aux idées reçues en ayant recours aussi au passé. Dans ce numéro, relisons avec intérêt tout ce qui désembrouille des visions reçues en parlant non seulement d’hier mais d’aujourd’hui.
Cette fantastique liberté permet de lire Guillaume Basquin, Olivier Rachet et d’autres qui ignorent les langues de bois. Chacun s’interroge souvent bien plus lucidement que les spécialistes de l’art, de la littérature (Steinbeck ici via Pierre Guiglielmina) ou de l’état du monde (Les USA revisités par Louise Glück).
Une telle revue protège autant les idées que les écritures (Claude Minière, Jean-Hugues Larché entre autres). De tels auteurs sont capables de rejoindre l’énigme qui sous-tend la création comme la destinée des hommes, des formes et du monde. Images et textes de divers genres confectionnent, effilent, polissent, aiguisent ce qui arrive – ce qui se fait parfois en fouillant jusqu’au tréfonds des jugements voire de l’inconscient (ici, Jacques Lacan lui-même à travers Joyce ou Jean-Clause Hauc sur Sade et le pape Pie VI).
Ce Cahier 19 dégage des abondances de ruines et de cendres. Nos doxa sont de facto soumises par de telles lectures selon divers types d’approches. Les esprits (et les âmes) ont de quoi danser dans diverses e(s)thétiques de la subversion.
jean-paul gavard-perret
Les Cahiers de Tinbad, n° 19, Tinbad édtions, Paris, automne 2025, 168 p. – 17,00 €.