La vertu d’une fleur boit la mer
Ah ma zone !
Je n’étais plus un Sisyphe et je peinais à remonter de l’eau. Sur la plage, tu confondais les algues flottantes et tes cheveux des sirènes. Tes pieds dans le sable chaud et les coquillages, Novembre fut différent : il était temps de s’en aller. Presque nue sous la lumière crue, que ne me demandais-tu ? Que ne me disais tu ? La surenchère des questions devenait ridicule.
Proche des derniers galets sous des morceaux de ciel, l’éloquence de la mer et ses pliures, tu ramassas les derniers mots que la marée avait laissés. Munie de la carte des champs, tu t’es mise en route. Les chrysanthèmes levaient leurs têtes vers nous. J’ai voulu t’apprendre leur langage mais je savais qu’elles n’étaient pas capables d’écrire en lamelles de couleurs ton extase amoureuse.
jean-paul gavard-perret
Photo : Lucy Zambon