Josselyne Chourry, L’intime frisson d’être

Josselyne Chourry, L’intime frisson d’être


« J’aime les horizons ouverts, profonds et spacieux, lorsque le regard s’égare à trois cent soixante degrés en technicolor. J’aime les paysages qui traversent mon âme et m’envoûtent de subtiles connexions. », écrit Josselyne Chourry dans son texte liminaire.
Certes, des villes de béton paralysent des mouvements vitaux. Mais par sa pensée et sa poésie, elle entend, voit et sent l’essence de la terre et ses spectacles où les arbres sont rois : « Les chênes rêvent d’être plumes. / Les chênes offrent au soleil /leurs chevelures brunes/ juste avant la lune à l’horizon du soir ».

Preuve que, loin de « l’immonde cité » chère à Baudelaire, l’auteure la quitte et s’abandonne dans les forêts en citoyenne de sa planète et « plante des graines dans les allées de [s]a bibliothèque afin que germent des mots qui chanteront jusqu’au dernier souffle la beauté de la Terre ». Existe là l’éloge de la vie. L’auteure boit la mousse de l’aube en des jardins cachés et croquer l’écorce du jour .
Des incertitudes s’ancrent dans l’oblique des chimères, elles ont des ventre d’hermine. Josselyne Chorry prend le temps d’habiter des vallons et tremble dans l’abécédaire des conjugaisons réinventées. Sa langue cherche toujours la complicité de la nature. Son écriture maraude pas à pas, reconnaît le bruit d’une source et ses nacres.

Sur ses chemin où il n’y a pas de chemins, entre silence et tremblement, la poète mange l’absence, nuages, soleil, le début et la fin. Elle retient le chant des fugues, explore un cep qui s’abandonne, retient ses gonflements, bourgeons du désir et silence au bec corail. Et paradoxalement, elle redevient une femme puissante et puisatière.

Josselyne Chourry, L’intime frisson d’être, Editions Constellations, 2026, 80 p. – 12,00 €.

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