Joël Mansa, A contre-ciel
Extase du lieu
La poésie de Joël Mansa naît ici comme toujours d’une façon de vivre, d’une volonté de chercher l’ineffable, d’exprimer l’inexprimable et chercher le secret du lieu – ici la Martinique. L’auteur invente un « chemin de papier » dans ce « contre-ciel » où des soirs débordent le jour et le submergent.
De ce pays, sous son rideau, le poète tire son chagrin à l’âme lourde dans un tel chant d’amour, là où il devient pèlerin parmi les pèlerins dans une pérégrination mêlée de nostalgie. Celui qui a vu en Norvège des « été indiens où l’on pouvait se baigner nu » trouve dans l’île des Caraïbes la cruelle touche les parcelles de l’humanité au nom de son amour total et qui perdure.
Si bien que la Martinique elle-même n’est qu’un prétexte. Par elle, tout est ailleurs, en lui, au milieu de ce vibrant éloge de la vie. En ce sens, Mansa demeure un grand poète. Même de la matière de son conscient, il ne peut pas faire l’impasse si facilement sur l’abrasion de son inconscient. Il n’existe jamais chez lui de des jeux des refoulement : ce serait là oublier que le poète est d’abord un corps, un corps pensant et son flux intime.
jean-paul gavard-perret
Joël Mansa, A contre-ciel (La Martinique : 424ème lieu), Encres Vives, Frontignan, 2025, 28 p. – 6,60 €.